Ce doc est en cours de rédaction : Brouillon.
Homme à la mer : On en parle ou pas ?
Eric Tabarly aurait dit : "un gars qui tombe à la baille, n'a pas sa place à bord d'un bateau"
Afin de définir une procédure applicable pour les équipages qui ne manqueront pas de (re)venir naviguer sur Oh-Jee, je vous propose ci-dessous la méthode standard à retenir.
Elle est pragmatique car elle tient assez bien compte de la réalité :
- Stress de l’équipage dans une telle situation
- Equipage peu expérimenté
- Equipage réduit
- Condition météo difficile
Le mieux consiste bien sûr à ne pas se casser la gueule à l’eau. Mais des fois :
- On fait le malin
- On réagit dans la précipitation
- On n’imagine pas que l’on prend un risque
J’ai ajouté en italique certains commentaires au document d’origine, notamment pour les navigations en duo. Car les manœuvres devront donc s’exécuter en Solo.
Le matériel
Voici les différents équipements impliqués dans la gestion de l’Homme à la mer (MOB Man Over Board)
Si ce n’est pas déjà fait, je vous invite à lire <Le matériel de sécurité>.
Perche IOR |
Feu automatique |
Flash Light |
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GPS avec la touche MOB
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Début de l’article
Document d’origine http://www.ffvoile.fr/ffv/web/services/arbitrage/documents/OSRannexeD_FRA.pdf
REGLEMENTATIONS SPECIALES OFFSHORE ISAF
Système «QUICKSTOP » et ligne de survie
Lorsqu’un membre d’équipage passe par-dessus bord, le temps de récupération est essentiel. Afin d’obtenir un système de récupération simple et très rapide, l’US Yacht Racing Union Safety at Sea Committee, l’US Naval Academy Sailing Squadron, le Cruising Club of America Technical Committee et la Sailing Foundation of Seattle, Washington, ont mis leurs efforts en commun pour mener à bien une recherche exhaustive et faire des essais en mer. Le résultat de cette collaboration est la méthode « Quick-Stop » de récupération d’un homme à la mer. Le point fort de cette méthode est la réduction immédiate de la vitesse du bateau, en remontant au vent, puis en manœuvrant doucement, et en restant à proximité de la personne. Dans la plupart des cas, cette méthode est préférable à un départ au largue, suivi d’un empannage ou virement de bord, avec retour sur une route inverse.
QUICK-STOP
1. Crier « un homme à la mer » et désigner un membre d’équipage pour repérer et pointer l’emplacement de la victime .
Ce membre d’équipage ne doit pas quitter la victime des yeux (voir schéma 1). Appuyer sur la touche MOB du GPS afin d’enregistrer la position et d’activer le mode de récupération sur le GPS. Si plusieurs équipiers sont à bord, noter la position GPS sur le livre de bord ou un papier dans le cas où une mauvaise manipulation du GPS efface les coordonnées du lieu de la chute du MOB.
2. Mettre immédiatement à disposition des objets flottants
Jeter des objets flottants, comme des coussins de cockpit, bouées, perche IOR, etc… Ces objets, en plus de venir en aide à la victime, permettront de joncher d’objets la zone de la chute et aideront le « pointeur » à le garder en vue.
Remarque faite dans le rapport : Le déploiement de la perche et du pavillon (bouée IOR) prend trop de temps. La perche est conservée pour être lancée en cas d’échec de la manœuvre initiale.
Sur Oh-Jee, la mise à l’eau de la perche IOR ne devrait pas prendre plus de temps que de lancer des cousins de cabine, sachant que ces derniers sont d’un bleu sombre, donc certainement peut visible une fois dans l’eau? Si le bateau est amené immédiatement face au vent, le largage de la perche semble être la bonne solution. Non ? On pourrait compléter avec des par-battages accrochés à un sceau pour limiter la dérive. Mais cela va prendre plusieurs minutes.
3. Amener le bateau bout au vent et au-delà (voir schéma 1)
4. Mettre la voile d’avant à contre et ralentir encore le bateau
5. Continuer à tourner avec la voile d’avant à contre jusque vent arrière
6. Naviguer au largue sur deux ou trois longueurs, puis quasiment plein vent arrière
7. Affaler la voile d’avant , en gardant la grand voile au centre (ou presque).
Les écoutes de foc ne sont pas détendues, même pendant la manœuvre, pour les garder à l’intérieur des filières.
8. Conserver une route vent arrière, jusqu’à croiser la victime par le travers
9. Empanner
Remarque : Si le vent est particulièrement fort et/ou équipage novice l’empannage peut être dangereux. Il faut éviter de créer un second accident.
10. Approcher de la victime sur une route à environ 45° à 60 ° de l’axe du vent
11. Etablir un contact avec la victime, par une aussière ou autre système.
La Naval Academy utilise un « sac à lancer », contenant 75 pieds de bout flottant léger, et un sac, pouvant être lancé vent contraire, le bout étant à l’intérieur du sac, et se déroule quand il est traîné jusqu’à la victime. Oh-Jee possède un bout jaune avec flotteur dans un sac fixé au balcon tribord.
12. Effectuer la récupération côté au vent.
Remarque: Un débat reste ouvert sur le fait de récupérer le MOB sur le côté au vent ou sous le vent. Il semble que les combinaisons entre force du vent/mer/Mob epuisé /Nb d’équipiers puissent valider les deux approches. Pour le moment je vous livre les remarques brutes.
Au vent |
Sous le vent |
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Avantages: On évite de heurter le MOB sur la coque car le bateau dérive plus vite que le MOB. Il a moins de risquer de le blesser. |
Avantages: En étant à la cape le franc bord sous le vent doit être plus bas ce qui facilite la remontée. |
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Inconvénients : Le bateau dérive dans le vent plus vite que le MOB, donc possibilité de perdre le contact si le MOB est épuisé pour saisir un bout. Cela implique de refaire la manœuvre de rapprochement et donc de perdre du temps. Il faut bien synchroniser l’approche au risque d être trop court et de le rater. En étant à la cape le franc bord au vent doit être plus haut ce qui complique la remontée. |
Inconvénients : Si le bateau est à la cape, il dérive obligatoirement sous le vent et va donc pousser le MOB. Si le déplacement est rapide le MOB pourrait même finir par passer sous la coque (?) Il faut bien synchroniser l’approche au risque d être trop long et de le cogner. |
Quick-stop sous spinnaker
La même procédure est utilisée en cas de navigation sous spinnaker.
Suivre les instructions précédentes. Lorsque le bateau arrive bout au vent:
- Le point d’amure du spi est largué
- Le point d’écoute est attrapé
- La drisse est larguée et le spi est ramené dans la cabine via la descente
La drisse devra être régulée pour évite une chute du spi dans l’eau. En solo/duo: on peut jeter la drisse de spi à l’eau pour freiner la descente (uniquement si vous en avez l’habitude). Sinon il est possible, depuis la descente, de stopper la descente du spi via le bloqueur Spinlock.
Le bateau continue à virer et la phase d’approche commence.
Quick-stop sous moteur
L’utilisation du moteur n’est pas essentielle, cependant il est recommandé d’avoir le moteur au point mort pendant le quick stop, en cas de besoin pendant l’approche finale. Vérifier avant tout
les bouts à l’eau et l’ouverture de la vanne d’alimentation d’eau pour le refroidissement !
Information : La littérature sur le sujet semble indiqué que dans plus de 50% des cas le moteur devient rapidement inutilisable à cause d’un bout qui traîne dans l’eau au regard de la panique qui règne à bord.
L’usage du moteur, surtout sur Oh-Jee, dont le moteur n’est pas puissant ne doit pas être privilégié. Le bateau étant très léger il se manœuvre très bien sous grand-voile seule.
EQUIPAGES REDUITS
Quand il n’y a que deux personnes à bord, et qu’un accident « d’homme à la mer » se produit, le membre d’équipage restant peut avoir des difficultés pour effectuer seul la récupération. Si la
victime est blessée, il peut être quasiment impossible de la ramener à bord. La méthode quick-stop est simple à effectuer par un solitaire, avec une seule modification de la procédure : l’ajout du harnais de récupération avec aussière «Lifesling», un harnais flottant doublé d’un baudrier.
Le harnais est relié au bateau par une amarre flottante, longue de deux ou trois longueurs du bateau.
Lorsqu’un homme tombe à la mer, le scénario doit être le suivant:
1. Un coussin ou autre objet flottant est lancé à l’eau pendant que le bateau est IMMEDIATEMENT mis bout au vent, ralenti et arrêté. L’objet flottant n’a de change d’être rattrapé par le MOB que si le vent est faible. Dans le cas contraire l’objet partira dans le vent.
2. Le harnais de récupération avec aussière (Lifesling)
est déployé en ouvrant le sac sur le balcon arrière et en jetant le harnais à l’eau. Il traînera derrière le bateau et tirera la longe hors du sac.
Remarque : C’est le principe utilisé avec un bateau à moteur pour amener une corde à ski à un skieur.
3. Lorsqu’il est déployé , le bateau fait un grand cercle autour de la victime en traînant le harnais. Le foc peut être mis à contre vers le portant depuis la position bout au vent, afin d’augmenter la vitesse d’évolution.
4. Le contact s’établit avec la victime par l’aussière et le harnais, qui se retrouvent portés à l’intérieur du cercle décrit par le bateau. La victime passe le harnais par-dessus sa tête et dessous ses bras.
5. Après ce contact , le bateau est remis bout au vent, la voile d’avant est affalée et la grand-voile est fasseyante.
6. Lorsque le bateau cule doucement , l’équipier commence à tirer le harnais et la victime vers le bateau. Si nécessaire, un winch du cockpit peut être utilisée lors de cette phase, qui doit se prolonger jusqu’à ce que la victime soit à côté du bateau puis hissée, en étant suspendue par le harnais (afin qu’elle ne retombe pas). Voir ci dessous les conseils pour une récupération horizontale, préférable lorsque le choix est possible.
SYSTEME AVEC TOILE
C’est une alternative au gréement de hissage. Une version brevetée est connue sous le nom de Tri-buckle. Une autre version est rectangulaire, comme un filet d’escalade. Le filet, ou triangle de matériau solide et poreux, est attaché au rail de fargue*, le haut du triangle ou du filet fixé à une extension d’une drisse. On fait alors glisser la victime le long à l’intérieur du triangle ou filet, puis rouler jusqu’au pont en hissant la drisse.
Le choc hypothermique peut être minimisé grâce à cette méthode qui permet de garder la victime en position horizontale
* Oh-Jee n’a pas de rail de fargue. Il faudrait bricoler avec les pieds de chandelier.
GREEMENT DE HISSAGE
Note : depuis sa création, l’importance de garder la victime en position horizontale a encore été mise en évidence, particulièrement après une longue immersion ou une immersion hypothermique.
Une trévire ou levage horizontal est particulièrement souhaitable (voir ci-après).
1. Tirer la victime le long du bateau, grâce à la longe flottante, de préférence du côté au vent, jusqu’à mi-longueur ou quart de bateau, en tout cas là où il y a des taquets et winches
2. Tirer sur la longe (en s’aidant d’une winch si nécessaire), pour sortir la tête et les épaules de la victime hors de l’eau, et fixer la longe dans un taquet. La victime est désormais en sécurité.
3. Fixer un palan à 3 ou 4 brins à la drisse de grand-voile, la hisser jusqu’à un point prédéterminé, (environ 3 mètres au dessus du pont, ou suffisamment haut pour que la victime puisse être hissée par-dessus les filières. Enlever la drisse du taquet.
4. Fixer la partie inférieure du palan dans la boucle (dimensionnée à cet effet) de la longe, qui passe dans les anneaux en D du harnais.
5. passer le bout libre du palan dans une poulie d’écoute ou une poulie ouvrante frappée sur le pont et le tourner sur un winch de cockpit. Hisser la victime à bord, en winchant le bout libre du palan.
Fin de l’article
Fausses idées
- Il semble illusoire de remonter un MOB par l’échelle arrière quand la mer est formée : la jupe a des mouvements de grandes amplitudes rendant impossible de mettre les pieds sur les barreaux de l’échelle et la jupe peut assommer le MOB
- un MOB ayant mariné longtemps dans l’eau peut être incapable d’attraper un bout/bouée situé à 2 mètres de lui et encore moins capable de se tracter le long d’une corde. Il faudra donc le tirer/tracter et envisager de devoir mettre un équipier à l’eau pour aider le MOB à passer le baudrier pour pouvoir le hisser.
- Un MOB peut voir son poids augmenter de 20 à 30kg à cause de l’eau dans les vêtements.
- Il ne faut pas réchauffer un MOB brusquement et ne surtout pas:
- le masser/frictionner
- lui donner des boissons chaudes
- le mettre debout ou assis
- lui enlever ses habits
Le réchauffer progressivement avec des couvertures, Spinnaker, un ou deux équipiers qui se colle à lui.
- Un voilier ne se déplace pas quand il est à la cape ou face au vent : Faux
- Dans les deux cas le voilier va se déplacer avec le vent et d’autant plus que le vent et fort
- Si le MOB a réussi à nouer un cordage sur son harnais et qu’il se fait trainer par le bateau, même à 2 noeuds il a de grande chance de boire la tasse. Il faudra couper la longe dans ce cas et recommencer la manœuvre. Il est toujours préférable sur des petits bateaux d’accrocher la longe à l’avant et de la faire passer au vent. Ainsi si le bateau se met à avancer, le frein (ancre flottante) fait par le MOB aura tendance à faire lofer (remettre face au vent) le bateau. Sur Oh-Jee est ses 3,5 tonnes je suis sceptique.
Les choix difficiles
En pratique certains compromis peuvent avoir à être faits à chaud.
Un Homme à la mer : Equipage réduit : 3 en tout, donc seul un duo reste à bord.
- Le barreur barre
- L’équipier largue la bouée ou garde un oeil sur le MOB ? Les deux ?
Mer agitée, duo/trio, MOB épuisé
Comment on le remonte MOB ?
Avec le tourmentin ?
Duo, donc solo dans les manœuvres
On se met face au vent on jette l’IOR + touche MOB GPS + on range le FOC + moteur ?
Mer forte risque de heurter le MOB contre la coque








