En cours de rédaction
Introduction
En tant que marin doit-on tenir compte de la marée ?
Histoire d’être un zeste provocateur, je dirais Oui & Non !
Bonne lecture …
Résumé de cette page :Les choses à retenir sur la marée :
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Définition donnée pas la SNSM et le SHOM
La marée est un mouvement de l’eau de la mer et des océans, qui se répète régulièrement. Ce mouvement est dû à l’attraction de la Lune et du Soleil sur l’eau de la planète. Il se traduit par une montée et une descente du niveau de la mer dans un même endroit. Elle a lieu deux fois toutes les 24 heures et 50 minutes. L’horaire de la marée se décale donc de 50 minutes chaque jour. Les horaires de marées sont indiqués sur Internet.
Le « coefficient de marée » est un indicateur de l'amplitude des marées. Il n’est utilisé qu’en France. Ce coefficient est une notion introduite par Laplace et reprise dans les annuaires de marée des côtes de France à partir de la fin du 19ème siècle. Par définition, le coefficient de la marée est calculé pour une pleine mer de Brest. La prédominance de l’onde semi-diurne sur les côtes de la Manche et de l’Atlantique confère au coefficient de marée son caractère général. On parle de marée semi-diurne lorsque l’on observe chaque jour deux pleines mers et deux basses mers ayant sensiblement la même hauteur. Le coefficient de marée est un nombre sans dimension, variant de 0,2 à 1,2 ; on a coutume de l’exprimer en centièmes, soit de 20 (marée extraordinaire de morte-eau) à 120 (marée extraordinaire de vive-eau). La carte suivante représente en couleur les amplitudes des marées en France. Du bleu foncé pour une faible amplitude au rouge pour les plus fortes : > 12m.
Maintenant qui vous savez que la marée est due aux mouvements des planètes et que le cycle oscille sur une période d’environ 12h, voyons si la montée et la descente des eaux se fait brutalement, progressivement ou bizarrement.

Voici l’évolution de la marée dans le port de Lézardrieux (certains souriront au choix de ce port comme exemple).
On voit que le mouvement du niveau de la mer forme une belle et douce sinusoïde. L’amplitude le 15 Dec 2016 est de 10m avec un coefficient de 106.
La marée va donc faire remonter les roches vers la surface (bien que ce soit la surface de la mer qui baisse => principe de la relativité). Mais pour le marin le risque est le même et la question reste également la même : Ca passe ou pas ?
Les cartes marines sont construites de telle sorte qu’elles indiquent la profondeur d’eau restante dans le cas des plus grandes marées basses. La plus grande marée basse servira à définir le niveau zéro de la hauteur d’eau. Donc, quand il est écrit sur la carte qu’à un endroit donné il y a 5m, cela indique qu’à marée basse de vives-eaux, il ne restera bien que 5m d’eau sous la surface.
Sauf que : Cette valeur peut être encore plus faible en cas de forte pression atmosphérique et en cas de vent fort dans une direction donnée.
La carte suivante (provenant du site Internet Navionics) montre bien les zones délimitant les profondeurs avec à la fois un changement de couleur et un trait de contour. Nous voyons sur cette carte les limites des 20m, 10m, 5m, 3m.
La zone verte représente l’estran, c’est à dire la partie de la terre qui apparaît à marée basse lors de la marée de coefficient 100.
Doit-on impérativement faire des calculs complexes de hauteur d’eau en fonction de la marée et de son coefficient à chaque fois que l’on sort en mer ?
Je vous l’avais dit plus haut : Oui & Non. Voyons pourquoi.
Dans quel cas est-ce inutile :
- vous naviguez par un temps clément sur un trajet où la profondeur est d’au moins 20m alors que votre bateau à un tirant d’eau de 2m (notre cas)
- Le port dans lequel vous êtes basé et celui vers lequel vous allez sont accessibles à tout moment de la journée car assez profond pour laisser assez d’eau à marée basse.
Dans quel cas est-ce impératif :
- Vous entrez/sortez d’un port dont le chenal d’entrée assèche partiellement ou totalement (cf plus bas)
- Vous voulez absolument faire plaisir à l’équipage pour aller mouiller le plus près de la plage pendant la marée haute… Faut pas se louper.
- Votre trajet vous amène à passe au dessus d’un haut fond dangereux à marée basse.
Depuis Lorient, qui est accessible quel que soit la marée, il est ainsi possible de faire de nombreux trajets vers d’autres ports également accessibles à tout moment. Attention quand même de tenir compte du courant qu’il pourrait y avoir dans le chenal d’accès, car bien des ports sont construit sur des rivières/fleuves. En effet, le courant (le flux) peut être extrêmement fort au point de rendre l’accès impossible au moment le plus fort de la marée. (exemple Lézardrieux)
On le voit sur cette image où les flèches rouges indiquent la période où la marée génère le plus fort courant et les zones vertes où le courant sera le plus faible.

Voyons ci-dessous l’accès au port de Perros-Guirec, port de plaisance avec 700 places. On voit immédiatement que l’accès au port se trouve sur l’estran. Donc, à marée basse, à moins d’avoir des roues ou des chenilles, il est impossible d’accéder à ce port.
La question naturelle (j’espère qu’elle l’est maintenant pour vous !) est donc de savoir sur quelle tranche horaire, pour un journée donnée de l’année, il est possible d’entrer ou de sortir du port.
En zoomant la carte vous constatez que l’estran découvre en certains endroits proches de l’entrée du port de plus de 3m. Donc 3m au dessus du niveau de l’eau.
Donc en théorie, comme le bateau a un tirant d’eau de 2m, il faut que la marée nous fournisse une hauteur d’eau d’au-moins 3+2 = 5m. Comme nous ne sommes pas casse-coup nous allons nous donner une marge d’au-moins 1m (Ce qui est peu comme vous l’imaginez si jamais il y a un peu de houle et je ne tiens pas en compte l’éventuelle erreur de mesure topographique, ni l’envasement de la baie => trop facile).
Cliquez sur la carte ci-dessous pour voir plus en détail les zones de l’estran qui sont à plus de 3m de hauteur.
Continuons notre exemple, en regardant sur l’annuaire des marées (www.maree.info) à quel moment nous avons au moins 5m d’eau dans la baie. J’ai donc tiré un trait rouge pour indiquer les 5m qu’il nous faut, en en vert la période de la journée durant laquelle la hauteur d’eau est supérieure à 5m. On trouve ainsi les heures de début et de fin de la période on l’on peut naviguer jusqu’au port de Perros.
On voit donc sur le graphique que la plage horaire d’accès va de 7h du matin à 13h30, soit une plage d’accès qui dure 6h30.
Maintenant que vous avez assimilez la théorie, voici la pratique.
Le port de Perros-Guirec est équipé d’une écluse pour éviter que le port ne se vide à marée basse et que tous les voiliers ne se retrouvent couchés sur le flanc. Les informations nautiques précisent que le port de Perros-Guirec (pour une marée de coef 100) :
- ouvre son écluse 2 heures avant la marée haute
- ferme son écluse 2 heures après la marée haute
Donc la plage d’accès n’est en réalité que de 4h !
Donc deux conclusions s’imposent :
- La hauteur d’eau n’est pas le seul critère pour passer et rejoindre un port : Sic !
- Eviter de jouer avec les cailloux et rester en mer est souvent le meilleur choix. Surtout avec une marge de sécurité de seulement 1m sous la quille. => Le premier qui me fait ça fini au mitard.
A ce titre, le port de Perros-Guirec met à disposition des bouées d’attente pour les bateaux souhaitant patienter avant l’ouverture de l’écluse. <Alors on se calme, on va chopper une bouée et on ouvre le cassoulet.>
L’estran ça peut être grand…
Je vous laisse aller jeter un œil au tour de l’île Chausey, à la hauteur de Grand-Ville dans le Cotentin. L’île en elle même est en jaune et l’estran en vert !
En rouge ce sont les rochers qui dépassent à certains moments de la marée alors que l’estran est recouvert d’eau… zone minée.
Marée de vive-eau, marée de morte-eau
La marée étant générée par la Lune et le Soleil, les actions de ces deux astres peuvent s’ajouter ou se contrarier selon leurs positions relatives.
Les variations de hauteur d’eau sont conditionnées par les phases de la Lune

- Les trois astres sont alignés, les forces s’additionnent, les marées sont importantes.

- Les trois astres forment un angle droit, les forces se contrarient, les marées sont faibles.

- Les trois astres sont alignés, les forces s’additionnent, les marées sont importantes.

- Les trois astres forment un angle droit, les forces se contrarient, les marées sont faibles.
- Lorsque le marnage (dénivellation entre la pleine mer et la basse mer) passe par un maximum, la marée est dite de vive-eau. Elle correspond aux phases de nouvelle lune et de pleine lune appelées syzygies. Elle s’explique par les effets conjugués de la Lune et du Soleil.
- Lorsque le marnage passe par un minimum, la marée est dite de morte-eau. Elle correspond aux phases de premier et de dernier quartiers de la Lune, appelées quadratures. Elle s’explique par les effets opposés de la Lune et du Soleil.
Donc, à chaque pleine lune et à chaque nouvelle lune, environ tous les quinze jours, les amplitudes de marée passent par un maximum. A chaque premier quartier et dernier quartier, les amplitudes de marée passent par un minimum.
Les vives-eaux et mortes-eaux interviennent avec un certain retard par rapport aux syzygies et aux quadratures. Ce retard est l’âge de la marée.

- Vives-eaux et mortes-eaux






